Auteur : jls.music - 3 messages
Et voici sinon mon coup de gueule, ma raison de soutenir une certaine forme de téléchargement libre.
Je suis d'accord avec cet article et cependant je ressens un énorme pincement au coeur. Le téléchargement m'a apporté à un moment donné un accès illimité à nombre de musiques inconnues et donc pour lesquelles je n'aurais certainement pas dépensé un sou.
Par la suite, je me suis rendu aux concerts de certains de ces artiste. J'ai d'ailleurs commencé comme beaucoup de personnes de mon âge à aller aux concerts des suite de ces téléchargements, les Cd étant à cette époque trop cher et le temps de me rendre dans une médiathèque minime. Si nombre de groupes supportent le téléchargement libre, c'est surement qu'ils ont été les premiers à distribuer leur musique par ce biais de manière volontaire et vivent grâce à ça de leur musique aujourd'hui en concert. Vivre 50 ans d'une seule musique enregistrée à la va-vite et inculquée de force à l'auditeur d'ondes à la prog. peu diversifiés ne me parait pas normal, fût-ce un tube (cela ne concerne d'ailleurs que les tubes).
Les majors font donc tout pour nous convaincre et convaincre leurs artistes que le téléchargement légal va les tuer et on y crois. Combien touche un artiste musicien par exemple sur l'enregistrement de son oeuvre, après avoir laissé une grande partie de ses droits au label qui le produit et une com monstrueuse au distributeur? Ce producteur fait presser chaque cd pour combien? Paye combien de droits? Et rétribue combien celui qui est l'auteur et interprète de l'oeuvre en fin de parcours?
Alors oui, si le capital a plus de valeur que l'humain, même dans un domaine comme la musique, oui, Adopi est bien et va protéger ceux qui ont du capital et renforcer leur main mise sur la diffusion musicale. Mais si on trouve répugnant le simple principe de faire interdire la diffusion gratuite et massive de son oeuvre (de sa vie) pour des raisons économiques, alors on se dit qu'Adopi n'a rien à faire dans des secteurs comme celui de l'art.
C'est cette logique commerciale qui pousse le public a traiter la musique de la même manière, cherchant à ne payer que le minimum alors qu'un artiste qui mouille sincèrement sa chemise sur scène avec sincérité voit ses CD's partir comme des petits pains auprès de gens qui téléchargent à tour de bras. Mais comme les concerts étaient moins rentables, ce n'était pas à l'époque la priorité de ceux qui supportent aujourd'hui Adopi.
Je ne mentionne que le domaine du CD qui me touche particulièrement mais je suis sûr que la logique s'applique à tout le secteur et à l'heure où l'alimentaire, le logement, la santé et même la vie sont côtés en bourse, on se demande si cette logique n'est pas à étendre plus encore.
Pour exemple, je citerai "les doigts de l'homme" connus du grand public grâce à la mise en ligne d'un album avec des messages dithyrambiques de personnes conquises ou encore la série South Park diffusée largement à la Télé et très lucrative pour ses concepteurs alors qu'elle est selon leur propre volonté en streaming intégral sur le net.
Si ils avaient accepté les nombreuses propositions de rachat, la série aurait été systématiquement retirée du net par la censure, et, suite aux baisses d'audience, aurait été mise à la poubelle sans remords comme c'est le cas pour toute bonne série indépendante rachetée par Warner et Compagnie... à suivre !
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